Qu’est-ce cela va coûter et qui va payer ?

2019-02-06

L’une des remarques les plus fréquentes sur la transition vers un monde à faible intensité de carbone porte sur son coût faramineux, que personne ne veut assumer. Cette transition demandera en effet beaucoup d’investissements — soit au moins 4 milliards d’euros de plus par an. Une somme nécessaire pour investir dans la production d’électricité, les bâtiments durables, les transports et l’industrie.

Mais l’histoire ne s’arrête pas là.

On oublie souvent que l’inaction face au changement climatique coûtera bien plus cher. De plus, une telle transition entraînera des avantages économiques et financiers. Il est cependant indéniable que des investissements massifs devront être réalisés.

C’est pour cette raison que, selon les termes de Sign for my Future : « nous savons que ce que nous demandons à nos responsables politiques aura un impact sur nos vies ». Certaines choses coûteront plus cher, soit pour récolter de l’argent à investir, soit pour décourager certains comportements peu respectueux du climat. C’est la seule façon de maintenir la crise climatique sous contrôle.

Pour nous assurer que le coût total de cette transition ne sorte pas de manière disproportionnée des poches de certains groupes, Sign for my Future demande aux responsables politiques de tenir compte de ce point. Ces derniers doivent mettre en œuvre une politique socialement juste et une fiscalité équitable sur le plan social est la manière la plus évidente d’y parvenir.

Actuellement, en Belgique, les taxes environnementales (notamment pour la pollution et le gaspillage des matières premières) représentent moins de 5 % de la charge fiscale totale. Un glissement entraînant une réduction notable de l’impôt sur le travail peut contribuer à changer la donne, mais il sera inévitablement confronté à une certaine résistance — citons l’exemple des gilets jaunes, opposés à l’augmentation de la taxe sur le diesel, mouvement qui ne marque sans doute que le début de la révolte.

Il est donc important de répartir et de compenser les augmentations de prix et d’impôts de manière raisonnable. Si nous voulons abandonner les voitures à énergie fossile en augmentant les impôts, nous devons investir dans des transports en commun performants. Si le prix de certains produits doit augmenter, nous devons nous assurer que les personnes les plus vulnérables n’en deviennent pas plus pauvres. Nous voulons bannir la pollution, et non en faire un produit de luxe.  

Pour citer Jean-Pascal van Ypersele, expert du climat et vice-président du GIEC pendant plusieurs années : « Aujourd’hui [...], nous payons peu, voire pas du tout, pour utiliser l’atmosphère comme poubelle. Si nous devions payer pour chaque kilo de CO2que nous relâchons dans l’atmosphère et si nous utilisions cet argent, au moins en partie, pour aider les personnes qui ont moins de moyens pour isoler leur maison, par exemple, ou pour se déplacer à vélo électrique plutôt qu’en vieille voiture diesel, nous ferions d’une pierre deux coups. Nous pourrions aider les plus pauvres à vivre mieux tout en réduisant les émissions de gaz à effet de serre. »

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